Que vous hésitiez à allaiter ou que vous ayez décidé de donner le sein à votre bébé, l’allaitement maternel soulève de nombreuses interrogations. Quels sont les bienfaits pour les bébés et les mamans ? Comment s’y préparer pour un démarrage en douceur ? Quelles sont les bonnes pratiques à adopter ? Que faire en cas de douleurs ou de difficultés ?
Le laboratoire Gallia, accompagné de François, sage-femme, vous donne des éléments de réponse dans ce guide de l’allaitement maternel.
L’OMS (l’organisation mondiale de la santé) recommande un allaitement exclusif jusqu’aux 6 mois de bébé, puis jusqu’à ses 2 ans dans le cadre d’une alimentation diversifiée, saine et équilibrée. En effet, il existe de nombreux bienfaits pour le bébé… mais aussi pour la maman !
Le lait maternel est l’aliment idéal pour le bébé et répond parfaitement à ses besoins nutritionnels. En effet, il est composé des nutriments dont il a besoin pour bien grandir (vitamines, sels minéraux, oligoéléments, sucres, graisses et protéines), le tout, en justes quantités[1] [2],
Le lait maternel va évoluer au fil des mois, durant la journée et au cours d’une même tétée pour s’adapter parfaitement aux besoins de bébé[1].
Le lait maternel contient des anticorps maternels qui vont permettre à votre bébé de lutter contre les infections et les agents pathogènes, pouvant être à l’origine des maladies[2],.
Les fibres prébiotiques présentes dans le lait maternel vont favoriser la mise en place du microbiote intestinal, améliorant la digestion et les fonctions de sa barrière intestinale.
La composition du lait maternel étant parfaitement adaptée, notamment en termes de proportions en protéines et sels minéraux, il sera digéré plus facilement.
Le lait maternel change de goût et d’odeur selon l’alimentation de la maman. Ainsi la consommation d’aliments variés va permettre à votre bébé de découvrir une large palette de nouveaux goûts.
Allaiter permettrait de réduire les risques de certaines maladies, telles que le cancer du sein et des ovaires[3][4][5], le diabète de type 2[6] ainsi que les risques cardiovasculaires et d'hypertension[3][7].
Pas besoin de préparer des biberons au milieu de la nuit (au risque de se tromper dans les doses !), ni de transporter tout le matériel nécessaire en cas de sortie : le lait maternel est à disposition, en bonne quantité et à la bonne température, dès que votre enfant a faim. Cela vous permet aussi de gagner un peu de temps lorsqu’il a faim puisqu’il n’y a rien à préparer.
De plus, le lait maternel est gratuit, ce qui est une économie non négligeable, notamment à l’arrivée d’un bébé !
L’ocytocine sécrétée pendant l’allaitement entraîne des contractions de l’utérus ce qui l’aide à reprendre sa taille, sa forme et sa tonicité habituelles et limite les saignements et donc les potentielles carences en fer.
Les mamans allaitantes ont également tendance à perdre plus rapidement le poids lié à la grossesse (dans le cadre d’une alimentation équilibrée et sans grignotage excessif).
Vous avez l’impression de ne pas y arriver ? Ne restez pas seule !
Allaiter a beau être un geste naturel, il n’est pas pour autant inné. En cas de difficultés, il est nécessaire de demander de l’aide à votre entourage (co-parent, famille, amis…) et vous faire accompagner par un.e expert.e en allaitement (sage-femme, pédiatre, consultant.e en lactation certifié.e IBCLC). Même si chaque situation est unique, la lecture de témoignages d’autres mamans peut également parfois vous donner des pistes de réflexion et des éléments de réponse !
Séances de préparation à l’accouchement, entretien prénatal, séjour à la maternité, profitez de tous ces moments pour vous informer et poser vos questions sur l’allaitement aux professionnels de santé qui vous suivent (sage-femmes, médecin, obstétricien…), surtout si vous hésitez à allaiter. Ils pourront répondre à vos interrogations et vous aider à prendre la décision qui vous convient le mieux.
N’hésitez pas non plus à vous informer de votre côté (lecture de livres, blogs, podcasts, témoignages de parents) et à vous renseigner auprès de votre entourage, même si chaque expérience reste unique !
Parlez-en aussi à votre partenaire et impliquez-le/la dans le projet de naissance : cela vous permettra d’aborder les éventuelles inquiétudes et la place de chacun. Allaiter, ça se prépare à deux !
Séances de préparation à l’accouchement, entretien prénatal, séjour à la maternité, profitez de tous ces moments pour vous informer et poser vos questions sur l’allaitement aux professionnels de santé qui vous suivent (sage-femmes, médecin, obstétricien…), surtout si vous hésitez à allaiter. Ils pourront répondre à vos interrogations et vous aider à prendre la décision qui vous convient le mieux.
Si allaiter est naturel, adopter des bonnes pratiques dès les premières tétées peut vous aider à mettre en place un allaitement serein.
Dans les premières semaines et/ou mois, l’allaitement sera à « la demande », c’est-à-dire que le sein sera proposé à votre bébé, en éveil calme dès qu’il manifeste un signe de faim (tourne la tête, ouvre la bouche, émet des bruits, commence à téter ses mains) et, idéalement, avant qu’il ne se mette à pleurer. Le premier mois, cet allaitement dit à la demande correspond en moyenne à 1 tétée toutes les 2/3 heures soit environ 8 à 12 tétées par 24h mais cela peut varier de façon importante d’un bébé à l’autre et même d’un jour à l’autre. Le délai entre 2 tétées permet au lait de la maman de se régénérer et au bébé de bien digérer.
Puis, à mesure que votre bébé va grandir, son estomac va se développer, ses phases de sommeil vont être plus longues et son rythme jour-nuit va évoluer. Les tétées vont donc s’espacer petit à petit.
Bien entendu chaque bébé (et chaque maman) a son propre rythme. Le plus important étant de s’adapter, dans la mesure du possible, à celui du bébé.
Il n’y a pas de règle sur la durée idéale d’une tétée : cela dépend du bébé, de sa faim, de sa force de succion et de déglutition et aussi du débit de lait de la maman (appelé aussi “réflexe d’éjection”). Ainsi, la durée peut varier entre 5 minutes pour un bébé glouton et entre 30 à 40 minutes pour un bébé qui va prendre son temps. La durée n’a pas d’impact sur sa croissance ou sa santé.
Ce n’est pas la durée qui compte mais le fait que la tétée soit “efficace”. Pour vous en assurer, vous pouvez surveiller le fait que :
En cas de doute, n’hésitez pas à peser votre bébé (mais pas tous les jours) pour suivre sa courbe de croissance.
Plus les seins sont stimulés, plus ils produisent de lait. Ainsi, plus vous donnerez le sein, plus la lactation sera importante.
En cas de baisse de lactation, il est indiqué de stimuler davantage les seins, de se reposer et d’avoir une alimentation équilibrée avec suffisamment d’eau et riche en aliments favorisant la lactation. De nombreuses plantes sont par exemple couramment utilisées en infusion. Rapprochez-vous de votre pharmacien.ne ou d’un professionnel.le de santé qui pourra vous indiquer les tisanes d’allaitement.
Une bonne position lors de l’allaitement permet une prise au sein efficace pour les bébés et sans douleurs pour la maman. Il faut par exemple veiller à ce qu’une grande partie de l’aréole soit bien mise en bouche par le bébé pour éviter les crevasses. Il existe de nombreuses positions à tester, pour voir laquelle est la plus confortable pour vous et votre enfant.
Parmi les plus connues, on peut citer celle de la madone (ou « berceuse »), de la madone inversée (« berceuse modifiée) ou encore celle de la louve ou du ballon de rugby.
Il existe de nombreux vêtements et accessoires proposés pour faciliter l’allaitement.
Bien manger quand on allaite est préférable pour la santé de bébé et celle de sa maman. Une alimentation équilibrée (comprenant notamment des légumes et fruits, des féculents, des poissons, …) est l’un des éléments contribuant à la production de lait maternel, et donc à couvrir les besoins de votre bébé.
De plus, une alimentation variée permet d’élargir la gamme de goûts et la diversité de saveurs auxquelles est exposé votre bébé.
Enfin, il est important de bien s’hydrater pendant toute la durée de l’allaitement en consommant mini 1,5 L d’eau/jour et idéalement 2 L/jour. En effet, les besoins en eau augmentent pour la production de lait maternel, qui est composé d’environ 90% d’eau. Eau plate ou gazeuse, tisanes, infusions,..., . essayez de varier les plaisirs et de boire régulièrement, avant même d’avoir soif !
Durant l’allaitement, tout ce qui est consommé par la mère est transmis à son enfant via le lait maternel. C’est la raison pour laquelle durant la période où vous allaitez votre bébé, il est recommandé d’éviter l’automédication, l’alcool, le tabac.. et toute autre substance pouvant lui être nocive. En cas de doute, parlez-en à votre médecin et/ou pharmacien.
Même si ce n’est pas toujours évident avec un nouveau-né, surtout quand il y a des frères et sœurs, essayez de vous octroyer des moments de repos et de calme, en essayant par exemple de vous calquer sur le rythme de votre bébé et de dormir en même temps que lui, même en journée. Les tâches ménagères peuvent attendre (ou être déléguées si possible).
Un stress important peut aussi avoir une incidence sur la lactation. Si vous vous sentez particulièrement épuisée, irritable, déprimée, n’hésitez pas à vous faire aider et à consulter un professionnel.le de santé. Il peut s’agir d’une dépression post-partum, qu’il faut soigner.
L’allaitement maternel, surtout lors de sa mise en place, peut parfois s’avérer douloureux. Ces désagréments doivent rester transitoires et ne pas s’installer. Si c’est le cas, n’hésitez pas à faire appel à un expert.e en lactation (sage-femme, consultant.e en lactation) très rapidement afin de poursuivre dans de meilleures conditions la mise au sein.
La mise en place d’un allaitement n’est pas systématiquement synonyme de crevasses. C’est généralement une mauvaise position, une succion et une pression trop fortes sur le mamelon qui peuvent entraîner des crevasses. Il est alors bien important d’hydrater le mamelon à l’aide de lait maternel ou d’une crème adaptée à l’allaitement et de bien le laisser sécher pour éviter la macération. En attendant la cicatrisation, l’utilisation de bouts de sein en silicone peut être utile pendant les tétées. Là aussi, faites vous conseiller par un spécialiste de l’allaitement afin de bien les utiliser et de savoir comment mieux positionner votre bébé lors des tétées.
Un engorgement de la poitrine est relativement fréquent surtout lors de la montée de lait, le 3ème ou 4ème jour après la naissance. Mais là aussi, ce n’est pas systématique. Pour l’éviter et/ou le soulager, il est indiqué de mettre très fréquemment votre bébé au sein et de l’allaiter à la demande.
La mastite est une inflammation des seins, souvent accompagnée de fièvre, qui peut s’avérer très douloureuse et qui touche environ 1 mère allaitante sur 10.
En cas de mastite, il est important de consulter sans délai votre médecin ou une sage-femme, pour éviter que celle-ci ne se transforme en abcès mammaire. En attendant cette consultation, ne surtout pas arrêter d'allaiter, car ceci ne ferait qu'aggraver la situation.
Rappelez-vous : l’allaitement maternel ne doit pas être douloureux : si c’est le cas, il est peut-être utile de revoir votre position et la prise au sein de votre bébé et de demander des conseils à un.e professionnel.le en lactation sans traîner.
S’il peut y avoir parfois quelques désagréments lors de la mise en place de l’allaitement (douleurs liées à la montée de lait, crevasses, engorgement…), ces douleurs ne doivent pas durer. Une bonne position et une prise au sein efficace de votre bébé suffisent généralement à faire disparaître les douleurs.
Si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à demander conseils à un.e expert.e en lactation (sage-femme, médecin, consultant.e en lactation) sans tarder.
Ce n’est pas le fait d’allaiter qui fatigue mais le fait d’être de jeunes parents, entre nuits hachées, nouveau rythme à trouver, quotidien à gérer et stress des premières semaines.
En fait, allaiter ne fatigue pas plus que donner le biberon. Au contraire ! Après la tétée, est sécrétée la prolactine, hormone qui aide à se rendormir plus facilement, dans un sommeil plus réparateur.
De même, allaiter ne prend pas plus de temps puisqu’il n’y a ni biberon à préparer, ni matériel à nettoyer !
Après une césarienne, même si la mise en sein est un petit peu retardée, cela n’empêche pas la montée de lait. Il faudra peut-être simplement adapter sa position pour qu’elle soit le plus confortable possible et mieux récupérer suite à l’opération.
Même si ce n’est pas toujours évident, surtout au début, il est tout à fait possible d’allaiter des jumeaux, en étant bien entourée.
Les tétées pourront être données en simultané (ce qui fait gagner du temps) ou séparément. Pour allaiter vos enfants en même temps, les positions « classique » ou « ballon de rugby » semblent être les plus adaptées, d’après les mamans ayant allaité des jumeaux.
« Reprise de travail » ne rime pas forcément avec « arrêt de l’allaitement ». Si vous souhaitez continuer à allaiter, c’est tout à fait possible grâce à l’allaitement mixte ou à l’utilisation du tire-lait pour maintenir un allaitement exclusif. De plus, le droit du travail en France prévoit des aménagements en entreprise pour les mères souhaitant continuer à allaiter et tirer leur lait (local adapté, temps dédiés..). Renseignez-vous auprès de votre employeur.
Même en cas d’allaitement exclusif, le co-parent a un rôle à jouer ! Ainsi, il peut participer aux tétées, par exemple en stimulant bébé pour qu’il tète bien et s’assurer que vous êtes bien installée.
Il pourra tisser des liens avec bébé lors des soins (changes, toilette, bains, promenades, ...) avant et après les tétées. Le plus important est d’en discuter dans le couple afin que chacun.e puisse trouver sa place. Votre partenaire est également la 1ère personne qui sera auprès de vous pour vous soutenir en cas de doutes ou de difficultés. Alors parlez-en ensemble.
Même si allaiter peut être un contraceptif naturel sous certaines conditions très rigoureuses, il n’est pas rare que des mères débutent une grossesse alors qu’elles allaitent encore, par manque de connaissances. Si cette méthode de contraception vous intéresse, prenez le temps d’échanger avec votre professionnel de santé pour être “formée” à la MAMA : Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée.
Le plus souvent, il est recommandé aux femmes allaitantes d’utiliser un moyen contraceptif pour éviter toute grossesse non voulue.
Pour savoir quelle méthode vous convient le mieux et est compatible avec l’allaitement (certaines pilules ne sont ainsi pas recommandées en cas d’allaitement), renseignez-vous auprès d’un.e professionnel.le de santé.
Si vous ne souhaitez pas allaiter exclusivement au sein, il existe des alternatives.
Si vous désirez parfois déléguer les tétées, pour faire participer le co-parent ou simplement retrouver un peu de liberté, tout en continuant à donner votre lait maternel, c’est possible ! La solution est alors de tirer votre lait.
Pour cela, vous pouvez utiliser un tire-lait (électrique ou manuel) ou tirer votre lait manuellement.
Le lait maternel devra être conservé en respectant certaines règles de conservation pour garantir sa qualité, puis pourra être donné au biberon.
Premier pas vers le sevrage ou alternative à un allaitement exclusif, l’allaitement mixte consiste à alterner tétées de lait maternel et biberons de préparations infantiles. Il est recommandé de remplacer très progressivement les tétées pour éviter l’engorgement des seins et une baisse de lactation trop importante. Il est préférable d’attendre minimum un mois d’allaitement exclusif avant de mettre en place un allaitement mixte.
Si vous avez décidé d’arrêter d’allaiter, vous allez peu à peu sevrer votre bébé. Pour que le sevrage se passe le mieux possible pour vous et votre bébé, essayez de faire la transition en douceur et de supprimer les tétées très progressivement. Commencez de préférence par la tétée de l’après-midi (généralement moins importante sur le plan émotionnel et nutritionnel). Si vous sevrez votre bébé car vous reprenez le travail, pensez à bien anticiper.
Le passage au biberon (que ce soit du lait maternel ou une préparation infantile) peut être une étape délicate, qui demande courage, patience et accompagnement.
Si votre bébé refuse le biberon, n’hésitez pas à changer de tétine, de position et à faire donner le biberon par une tierce personne (le co-parent par exemple) en vous éloignant.
Si votre bébé refuse toujours le biberon, vous pouvez vous faire accompagner par une sage-femme ou une consultant.e en lactation. En sachant que plus vous serez sereine, plus vous aurez de chance que ce changement se passe au mieux.
Voir aussi notre FAQ sur l’allaitement
1 PNNS Sept 2004 : Guide « la santé vient en mangeant et en bougeant ».
2 Turck D., Comité de nutrition de la SFP, Allaitement maternel : les bénéfices pour la santé de l’enfant et de sa mère, Arch de ped 12 (2005) S145-S165.
3Stuebe et al. Journal of Perinatology, (2009) 30(3), 155-162.
4 Collaborative Group on Hormonal Factors in Breast Cancer. Lancet 2002 ; 360(9328): 187-95.
5 Luan et al. Am J Clin Nutr 2013; 98(4): 1020-31.
6 WHO Implementing the Global Strategy for Infant and Young Child Feeding : Geneva, 3-5 February 2003: (2007).
7 Chouwdhury Acta Paediatr 2015.
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Le Laboratoire Gallia encourage l'allaitement maternel au moins jusqu'aux 6 mois de l'enfant en accord avec les recommandations de l'OMS. En effet le lait maternel est l'aliment le mieux adapté aux besoins spécifiques des bébés. Par ailleurs, la réglementation interdit aux industriels de l'alimentation infantile de communiquer sur leurs laits pour nourrisson (0-6 mois). Consultez votre médecin.
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